
Poursuivi pour tentative d’incendie volontaire, Mexin Koussou, un Gabonais âgé de 38 ans, a été acquitté le 29 juillet dernier par la Cour d’appel judiciaire de Franceville, siégeant en session criminelle ordinaire. Après près de cinq années passées en détention préventive, l’accusé retrouve enfin la liberté. Les faits remontent au 16 octobre 2020, date à laquelle Joséphine Mayana, sa compagne de l’époque, avait déposé une plainte à la brigade de gendarmerie de Koula-Moutou. Elle l’accusait d’avoir volontairement mis le feu à un matelas adossé au mur de leur chambre, en pleine nuit, alors qu’elle s’y trouvait avec ses enfants. À l’origine, une querelle conjugale liée aux appels répétés du père biologique des enfants à leur mère.
Interpellé, Mexin Koussou avait reconnu avoir brûlé le matelas dans le salon, mais uniquement dans le but de contraindre sa concubine à quitter le domicile, précisant qu’il n’avait jamais eu l’intention de nuire à qui que ce soit. Au bout de la procédure, Joséphine Mayana a fini par se rétracter, admettant avoir menti à la Cour et affirmant que son intention n’était que de donner une leçon à son compagnon. Elle aurait même tenté de retirer sa plainte. Cette dernière a ainsi mis en pause la vie d’un innocent, en faisant ce faux témoignage.
Lors de l’audience, le ministère public, représenté par Olivier N’Zahou, a requis l’acquittement de l’accusé au bénéfice du doute, estimant que la justice avait été instrumentalisée pour régler un conflit personnel. L’avocat de la défense, Me Sosthène Eyi Mve, a soutenu cette position en plaidant la non-culpabilité de son client. Ainsi, au sortir du plaidoyer de la défense, la Cour, présidée par Carine Ndjole Lomitsinda, a déclaré Mexin Koussou non coupable, ordonnant dans la foulée la levée de son mandat de dépôt et sa libération immédiate. La juridiction a estimé que ni les personnes ni les biens n’avaient été réellement mis en danger.