Le calme habituel du ministère des Eaux et Forêts a été rompu cette semaine par une mobilisation inédite de ses agents. Regroupés sous la bannière du Syndicat national des agents des Eaux et Forêts (Synapef), ces derniers ont déclenché un mouvement de grève pour dénoncer une situation sociale et administrative jugée intenable.
C’est sur le parking du ministère, à Libreville, qu’un rassemblement inhabituel a attiré l’attention en milieu de semaine. À l’origine de cette contestation : le non-versement de cinq trimestres d’arriérés de salaires, soit près de quinze mois d’impayés, selon les responsables syndicaux. Une situation que les agents estiment incompatible avec la dignité du travailleur et la continuité du service public.
Pour le Synapef, cette grève n’est ni improvisée ni illégale. Son président, Guy Roger Pambou, affirme que toutes les procédures prévues par le Code du travail ont été respectées. Après le dépôt d’un préavis resté sans suite satisfaisante, la question a été soumise à l’assemblée générale des agents, seule instance habilitée à trancher le verdict d’une entrée en grève.
Souhaitant éviter une paralysie totale de l’administration, le syndicat assure toutefois le maintien d’un service minimum. Des agents restent en poste, tandis que d’autres participent aux piquets de grève. Une manière, selon le Synapef, de conjuguer pression syndicale et sens des responsabilités.
Au-delà des salaires impayés, les agents dénoncent une gouvernance qu’ils jugent défaillante. Le syndicat évoque notamment la forte diminution de l’enveloppe budgétaire liée à l’application de l’arrêté 43, passée de 750 millions à moins de 400 millions de francs CFA. Une baisse qui, selon eux, impacte directement le fonctionnement du ministère.

