De la région des Grands Lacs à la Corne de l’Afrique, en passant par le Sahel, le continent africain demeure secoué par des foyers de tensions persistants. À l’est de la République démocratique du Congo, la prise de Goma en janvier 2025 a ravivé un conflit vieux de plus de trente ans. Au Soudan, la guerre fratricide opposant Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti », à Abdel Fattah al-Burhane s’enlise depuis près de trois ans. Plus au nord et à l’ouest, les violences jihadistes continuent de fragiliser durablement les États sahéliens. À ces guerres ouvertes s’ajoutent des crispations diplomatiques croissantes, du Maghreb à la Corne de l’Afrique, poussant plusieurs pays à renforcer leurs capacités militaires.
Dans ce contexte tendu, le classement 2026 des armées les plus puissantes, publié par le cabinet américain Global FirePower, offre un éclairage sur l’évolution des équilibres stratégiques du continent. Élaboré depuis 2006 à partir d’un indice composite fondé sur une soixantaine de critères, ce « PowerIndex » évalue notamment les effectifs actifs, les équipements et infrastructures militaires, la répartition des forces ainsi que les budgets de défense. Bien que certains paramètres restent confidentiels et appellent à la prudence dans l’interprétation, l’outil s’impose comme une référence comparative.
Les données de l’édition 2026 mettent en évidence plusieurs dynamiques notables. L’armée tunisienne enregistre la progression la plus spectaculaire, gagnant 11 places au classement mondial et 4 à l’échelle africaine. En tête du continent, l’Égypte conserve son statut de première puissance militaire, devant l’Algérie et le Nigeria. Le Maroc améliore également sa position, grimpant d’un rang et devançant l’Angola, en léger recul.
Ces évolutions traduisent une militarisation accrue des États africains, reflet direct d’un environnement sécuritaire instable et de rivalités régionales persistantes, où la défense devient un levier stratégique majeur pour les gouvernements.

