Depuis l’annonce de la suspension des réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire national par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Les interrogations ne cessent de voir le jour, notamment celles en rapport avec la justification d’une décision aussi » radicale », dans un contexte où, aucun élément ne laissait présager d’une menace éventuelle qui soit à la hauteur de la mesure, du moins c’est ce que pense l’opinion. Dans le but de mieux informer les populations, le président de la Haute Autorité de la Communication, Germain Ngoyo Moussavou, s’est exprimé à l’occasion d’une interview accordée à nos confrères de l’Union.
A la question de savoir pourquoi la prise d’une telle mesure, le président de la HAC a indiqué que : «La Haute autorité de la communication a effectivement pris la décision de suspendre les réseaux sociaux sur le territoire national suite à certaines dérives constatées. Je ne vous apprends rien, la diffusion des contenus inappropriés et diffamatoires, voire haineux, la propagation de fausses informations, la division, le tribalisme, pour ne citer que ces exemples-là, polluaient chaque jour un peu plus le cyberespace gabonais», a justifié Germain Ngoyo Moussavou.
Aussi, il a indiqué que la mesure n’est pas définitive : « Il s’agit d’une décision provisoire et non définitive, il n’a jamais été question non plus de suppression d’internet, comme certains manipulateurs du net le ressassent à longueur de journée. Nous concédons que la suspension a réduit l’espace public numérique, mais elle n’a pas supprimé la circulation de la l’information», précise le président de la HAC.
Dans la stratégie de la HAC, il est également question de redéfinir l’architecture organisationnelle dans le secteur numérique, très en vogue ces dernières années : «Disons que notre objectif principal était d’amener les plateformes numériques et les réseaux sociaux qui sont des médias numériques d’interaction, accessibles sur le territoire gabonais, à venir à Libreville aux fins d’amorcer un dialogue constructif visant à améliorer la modération des contenus illicites. Donc, vous l’avez compris, notre souci premier, c’est le maintien d’un environnement numérique assaini, sécurisé, respectueux de nos droits et règlements, et aussi respectueux de la dignité des citoyens gabonais», martelle Germain Ngoyo Moussavou.
Si le président de la HAC se veut ferme et rassurant, il faut noter tout de même que la situation reste incompréhensible pour plusieurs gabonais, qui se demandent si réellement la mesure était nécessaire. À Cette question, la Haut Autorité de la Communication a indiqué que : « Il y a eu beaucoup de signalements, lesquels signalements ont amené la HAC à s’autosaisir en vertu du principe de l’autosaisine autorisée par l’article 36 de la loi n° 014/2023 du 03 juillet 2023 portant réorganisation de la Haute autorité de la communication. Comme vous le voyez, tous les actes que nous posons se font dans le cadre strict de la loi et non en marge», apprend-on. Il s’agirait donc de la conséquence de plusieurs signalements en amant.
Si l’on note que la HAC entend axer ses actions sur un cadre légal et réglementaire, il n’en demeure pas moins que les décisions prises ne font pas toujours l’humanité auprès de la population, dont la grande majorité y voit une volonté de restreindre les libertés.

