‎‎Suspension des réseaux sociaux : des contrôles pour identifier les utilisateurs VPN ?‎

Annoncée le 17 février dernier par la Haute Autorité de la Communication (HAC), la mesure de suspension des réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire national n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Aujourd’hui, l’on pourrait assister à un nouveau tournant dans cette affaire, à en croire les dernières rumeurs qui émergent désormais dans l’opinion. D’aucuns affirment avoir été contrôlés par des éléments des Forces de l’ordre, avec pour motif, la fouille de leur téléphone portable , dans le but de vérifier si l’intéressé aurait téléchargé l’application VPN (Virtual Private Network ou Réseau Privé Virtuel).

‎Depuis l’annonce par la Haut Autorité de la Communication (HAC), de la suspension des réseaux sociaux, l’accès à ces plateformes d’échanges reste très restreint au Gabon. Une situation qui non seulement rend difficile la communication entre individus à distance, mais perturbe également les activités commerciales de plusieurs compatriotes qui se servent de ces différents canaux numériques pour mettre en avant leurs produits ou encore contenus, pour ce qui concerne les créateurs en la matière.

‎Un  » embargo » numérique qui a poussé plusieurs personnes à trouver une alternative pour contourner le blocus. Aujourd’hui, l’application vedette auprès des populations est le « VPN ». Il s’agit d’un réseau privé virtuel de sécurité en ligne qui crée une connexion chiffrée et sécurisée entre les appareils (ordinateur, smartphone) et Internet. Il masque les adresses IP réelles et fait transiter les données par un tunnel sécurisé, protégeant ainsi la confidentialité et la localisation de l’utilisateur.

‎Un dispositif important donc qui permet à certains de pouvoir maintenir leur présence en ligne, en dépit de la mesure de suspension. Si la mesure  » palliative » aide certaines personnes à maintenir leur vie numérique, du côté des autorités, cela semble être une déconvenue qu’il faut vite rattraper. Des réflexions seraient même en cours pour trouver un moyen pour empêcher toute connexion via ce réseau privé virtuel. Une approche qui a été confirmée récemment par Germain Ngoyo Moussavou, le président de la HAC.

‎Il a reconnu que son institution avait connaissance de l’usage de ce moyen par plusieurs personnes sur le territoire national, contournant ainsi la décision prise le 17 février 2026. Ainsi, des dispositions pourraient être prises dans le but de suspendre également cet outil. Si du côté du régulateur national les choses semblent être plus claires, l’on n’en sait pas plus pour ce qui est des contrôles sur le terrain.

‎Toutefois, il est à rappeler que si jamais cela s’avère avéré, la question de la légalité de cette opération sera sans doute mise sur la table. Pour rappel, un téléphone portable reste un bien privé. La détention ou la fouille par une tierce personne devra faire l’objet de justificatif légal, dont le motif clairement notifié au propriétaire, et démontré en quoi le détenteur du téléphone serait susceptible d’être une menace.

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