Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, se dirige vers une victoire à l’élection présidentielle au Bénin, en attendant la proclamation officielle des résultats. Lundi, son unique adversaire, Paul Hounkpè, a reconnu sa défaite et salué la dynamique en faveur de son rival.
Au lendemain du scrutin, les premières tendances issues de plusieurs bureaux de vote placent largement en tête le candidat de 49 ans. « Une avance se dessine », a admis Paul Hounkpè dans un communiqué, évoquant « une dynamique » qu’il dit accepter « avec responsabilité ».
Le vote, organisé dimanche, apparaissait déjà joué d’avance pour de nombreux observateurs, tant Romuald Wadagni faisait figure de favori. Cette impression s’est traduite par une faible affluence dans les grandes villes comme Cotonou et Porto-Novo, contrairement aux zones rurales où la mobilisation semblait plus marquée. Le taux de participation officiel n’a pas encore été communiqué.
En attendant la confirmation de la Commission électorale nationale autonome (Cena), les félicitations de Paul Hounkpè marquent une étape décisive dans ce processus électoral. « La démocratie impose le respect mutuel », a-t-il souligné, appelant à dépasser les clivages politiques.
Cette élection s’inscrit dans un contexte particulier. Le président sortant, Patrice Talon, s’apprête à céder le pouvoir après deux mandats. Son bilan est marqué par une croissance économique soutenue, mais aussi par des critiques liées au recul des libertés publiques et à la montée des violences jihadistes dans le nord du pays. La tentative de renversement militaire à laquelle il a échappé restera comme l’un des points noirs de sa dernière mandature.
Sur le terrain, le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme, selon la mission d’observation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui a salué une bonne organisation. Toutefois, des voix discordantes se sont élevées pour dénoncer certaines irrégularités, notamment des soupçons de bourrages d’urnes et des bureaux de vote ayant ouvert en avance.
Si sa victoire est confirmée, Romuald Wadagni devra relever plusieurs défis majeurs, notamment la lutte contre la pauvreté, qui touche encore près de 30 % de la population, et la nécessité de rendre la croissance économique plus inclusive. Il lui reviendra également de répondre aux enjeux sécuritaires dans le nord du pays.

