Gabonaises, Gabonais,
Compagnons de la Libération,
Mes chers compatriotes,
Aimons ce pays comme Dieu nous aime.
Notre amour incommensurable pour la Patrie
et notre volonté de bâtir ce beau pays, ce
Gabon nouveau, ne doivent jamais faiblir,
même quand les perfides trompeurs nous
jettent des pierres et répandent la peur.
Gabonaises, Gabonais,
Compagnons de la Libération,
Mes chers compatriotes,
Par l’adoption de la Constitution de la
Cinquième République, vous avez consacré
la célébration de la Fête de la Libération à la
suite de celle de l’indépendance. C’est
conformément aux dispositions de cette
Constitution moderne que je me tiens devant vous, ce jour, pour célébrer avec
vous et avec tous les amis épris de liberté, la
nuit de la Libération du 30 août 2023.
Nous ne devons jamais oublier l’esprit du
Coup de la Libération, qui ne s’est pas limité
à la seule adoption d’une nouvelle
Constitution, d’une loi électorale, d’un code
électoral ou d’une loi sur les partis politiques,
mais qui a été conçu pour corriger les
dérives qui minaient notre société et pour
extirper les impuretés qui compromettaient
son équilibre moral et social.
Cet esprit, qui a guidé notre peuple dans sa
quête de dignité et de justice, demeure une
exigence. Il nous impose de poursuivre
l’œuvre commencée, de bâtir une société
disciplinée et responsable, et de rester
fidèles aux valeurs qui fondent notre République.
En ces instants qui marquent la
commémoration du troisième anniversaire
de cette journée, j’aimerais rendre un
hommage appuyé à nos forces de défense
et de sécurité, à tous ces enfants du Gabon
réunis au sein du CTRI pour avoir mis en
avant l’intérêt supérieur de la Nation.
Cette nuit historique a rappelé aux yeux du
monde les valeurs cardinales qui fondent
l’action quotidienne de nos Forces de
Défense et de Sécurité, à savoir l’honneur, le
courage, la discipline, la fraternité, l’esprit de
sacrifice et la loyauté au service de la
République. Aujourd’hui encore, l’esprit du
30 août 2023 doit continuer à nous habiter
pour maintenir le cap de la construction de
notre pays, dans la paix, la concorde, la
fraternité et l’unité nationale.
L’espoir d’un Gabon digne d’envie est en
marche sur l’ensemble de nos territoires.
« Le 30 août nous a rendu la liberté de
choisir ; il nous impose désormais le devoir
de réussir. »
Peuple Gabonais,
Compagnons de la Libération,
Mes chers compatriotes,
La célébration de la troisième édition de la
Fête de la Libération dans la province de
l’Ogooué-Ivindo n’est pas un hasard. En
tout temps, cette province a symbolisé la
résistance. L’histoire nous enseigne que les résistances à l’occupation coloniale les plus importantes eurent lieu ici dans l’Ivindo.
Par ailleurs, je n’oublie pas que c’est ici, à
Makokou, puis à Ovan que le vent de la
Libération d’août 2023 a connu ses
premières manifestations avec la marche
des femmes qui contestaient alors la
précarité économique et le sentiment
d’abandon politique de la province.
C’est l’occasion de rendre hommage à
toutes ces vaillantes femmes.
Ces temps douloureux sont désormais
révolus. L’heure est à présent, au
développement de notre province, à
l’image des édifices que nous venons
d’inaugurer :
- Le Commissariat de Bouée,
- La Mairie d’Ovan,
- La Mairie, la salle polyvalente et le
marché de Mekambo, - Le bâtiment administratif flambant neuf,
- La Banque pour le Commerce et
l’Entreprenariat du Gabon (BCEG), - Le marché des femmes,
- Les logements pour les cadres et fils de
la Province, - L’hôtel Ivindo Palace,
- La construction du lycée et l’internat de
redressement de Maïga, - La réhabilitation du château d’eau de
Makokou et l’installation d’une nouvelle
station de production d’eau potable
revampée d’une capacité de 100 m³/h,
soit le double de la capacité actuelle, - La réhabilitation du Lycée Alexandre
SAMBAT et l’aménagement de quelques
voiries de la Ville de Makokou, illustrent
ma volonté de ne jamais abandonner
cette province.
Je n’oublie pas de reprendre les travaux de
l’Ecole des Métiers du Bois de Bouée.
Cependant, je me réjouis du début des
travaux de construction du Lycée de la
Lopé.
Peuple Gabonais,
Compagnons de la Libération,
Mes chers compatriotes,
Depuis ce jour, nous avons engagé le travail
de redressement et de modernisation de
l’État. La transformation de notre pays ne se fera ni par des déclarations, ni par la seule volonté
d’un homme. Elle impose des institutions solides, des lois justes, une administration responsable et
forte, et des citoyens engagés. Certaines
réformes peuvent inquiéter parce qu’elles
modifient des habitudes, remettent en cause
des intérêts ou demandent des efforts
nouveaux.
C’est pourquoi j’exige de l’administration
qu’elle écoute avant de décider, qu’elle
explique avant de mettre en œuvre et
qu’elle corrige lorsque la réalité le
commande. Réformer ne signifie pas
gouverner loin du peuple, c’est préparer
l’avenir avec lui, dans son intérêt.
J’entends les inquiétudes des travailleurs et
des partenaires sociaux. Le droit de grève et
la liberté syndicale seront respectés dans le
cadre fixé par la loi. Le dialogue doit être
sincère, permanent et utile.
L’État doit écouter et négocier de bonne
foi ; les partenaires sociaux doivent porter
des propositions responsables et préserver
la continuité des services essentiels.
Le dialogue ne peut devenir le prétexte à la
paralysie du pays, pas plus que l’autorité ne
peut servir de prétexte au refus d’entendre.
J’assurerai à la fois le respect des libertés, la
continuité de l’État et la poursuite des
réformes indispensables.
Dans le Gabon que nous voulons bâtir,
l’égalité devant la loi est un principe
constitutionnel. Aucun pan de la société ne
peut s’y soustraire. Qu’il s’agisse d’un
membre du Gouvernement, d’un magistrat,
d’un avocat, d’un haut responsable civil ou
militaire, d’un médecin, d’une sage-femme,
d’un agent de l’État ou d’un opérateur
économique, chacun doit désormais
répondre de ses actes.
« Le corporatisme ne doit pas prendre le
pas sur la responsabilité. »
Gabonaises, Gabonais,
Compagnons de la Libération,
Mes chers compatriotes,
La libération se mesure également dans
l’amélioration de la qualité de vie des
citoyens. À cet égard, la santé demeure une
priorité absolue de mon action.
Je veux rendre hommage aux médecins,
infirmiers,sage-femmes, techniciens,
personnels administratifs et agents d’appui
qui, souvent dans des conditions difficiles,
tiennent nos établissements de santé.
Leur engagement honore la Nation. Leurs
difficultés doivent être entendues et leurs
conditions de travail améliorées.
C’est pourquoi j’ai décidé d’apporter un
appui exceptionnel au secteur de la santé
en investissant 44 milliards de FCFA dans le
renforcement du plateau technique national
et 6 milliards de FCFA pour la réouverture des
restaurants au sein des structures hospitalières, auxquels s’ajoutent une enveloppe supplémentaire de 5 milliards de FCFA destinés aux prestations de la CNAMGS. Ces secteurs sont chers à mon projet de société.
« Aussi, en retour, j’attends de vous une
meilleure qualité de service. »
L’État poursuivra ses investissements, mais
chaque franc généré par un établissement
de santé doit être retracé et employé avec
rigueur. Notre objectif est de prévenir les
irrégularités et de replacer le malade au
centre de toutes nos actions.
J’instruis à cette occasion les membres du
Gouvernement de mener une réflexion sur
l’harmonisation des quotes-parts issues des
recettes propres générées par les structures
hospitalières civiles et militaires.
Peuple Gabonais,Amis de la Libération,
Le Coup de la Libération que nous avons
mené le 30 août 2023 nous impose
également d’envisager des réformes
courageuses de notre Fonction Publique.
Dans le cadre de l’audit récemment initié,
près de 62% des dossiers examinés sont en
situation irrégulière et attendent une
décision de l’administration. Les chiffres révèlent de très nombreux cas d’abandon de poste. Un tel niveau de dysfonctionnement constaté en seulement 2 mois sur un périmètre limité, confirme l’urgence d’une réforme de la Fonction
Publique.
Aussi, la révision du cadre statutaire des
agents publics est en cours ; ce nouveau
texte permettra un fonctionnement plus
adapté aux exigences de la Cinquième
République. Les conditions d’avancement et de
reclassement se feront sur des bases
objectives, transparentes et équitables. La
compétence, le mérite, l’engagement et la
qualité du service rendu doivent être
reconnus. Aucun agent ne doit être oublié
faute d’appui.
« Le mérite doit être notre boussole, et
l’équité notre règle. »
C’est dans cette optique que nous avons
créé la BCEG afin de soutenir l’initiative des
jeunes Gabonais en leur offrant des
conditions préférentielles d’emprunt et de
remboursement. Cet instrument est destiné à
stimuler l’initiative privée et à renforcer la
croissance nationale.
Or, certains bénéficiaires, qui ont pourtant
reçu l’appui de l’État, refusent aujourd’hui
d’honorer leurs engagements. Une telle
attitude passéiste compromet la crédibilité
de nos politiques publiques et empêche le
développement du secteur privé.
Car l’entrepreneuriat repose sur la
confiance : celle de l’État envers ses
citoyens, des institutions financières envers
les entrepreneurs, et de chacun envers ses
propres obligations.
L’État prendra ses responsabilités : les
mécanismes de suivi et de contrôle seront
renforcés, et les manquements sanctionnés.
Il n’y a pas de développement sans rigueur,
ni d’entrepreneuriat sans loyauté envers la
Nation et les institutions qui les soutiennent.
Mes chers compatriotes,
En instituant la levée et la descente des
couleurs, ainsi que le port du pagne chaque
vendredi, j’ai voulu faire de ces gestes des
actes de fidélité à la Nation. Ils affirment
notre identité et traduisent l’exigence de
loyauté que nous devons à la Patrie.
La Libération se vit et se matérialise chaque
jour. L’État continuera de fixer le cadre,
d’apporter son appui aux collectivités
locales et d’exercer un contrôle rigoureux sur
la mise en œuvre des engagements pris.
La date du 30 août est un jour de mémoire
qui nous rappelle d’où nous venons, mais
aussi un jour d’espérance qui nous dit où
nous voulons aller.
Nous voulons bâtir ensemble une nation
libre, unie, souveraine et prospère, où
chaque enfant peut rêver grand, où chaque
travailleur vit dignement de son travail, et où
l’État protège et accompagne.
« Le 30 août 2023 a forgé notre patriotisme et
a fait de nous un peuple libre ; notre
discipline fera de nous un grand peuple. »
Que Dieu et les mânes de nos ancêtres
bénissent notre peuple, protègent notre
Nation et accompagnent le Gabon vers la
paix, la justice et la prospérité.
Vive la Cinquième République !
Vive le Gabon !
Honneur et fidélité à la Patrie !
Je vous remercie.

