
La nuit dernière, elles ont dû braver l’heure du couvre-feu à travers une marche pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité observées depuis bientôt une semaine.
A la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), les dirigeants et les effectifs se renouvellent régulièrement mais la qualité du service laisse toujours à désirer. Au point de courroucer sa nombreuse clientèle, où qu’elle se trouve sur le territoire national.
La dernière manifestation de la colère de ses abonnés a d’ailleurs été enregistrée dans la nuit de mercredi 20 février courant, à Port-Gentil. En nombre impressionnant, les habitants de la cité pétrolière du Gabon ont en effet marché pour exprimer leur ressentiment face à la récurrence des coupures d’électricité et d’eau depuis quasiment une semaine.
Une situation à la fois invivable et inexplicable pour ces populations qui, encadrées par les éléments des forces de défense et sécurité, se sont rendues au siège provincial de dame SEEG, sis au carrefour Léon Mba. Tout en scandant des slogans appelant à l’aide le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, à la dissolution de cette entreprise monopoliste et de plus en plus impopulaire. Et même à la création d’une société qui viendrait la concurrencer.
Peu avant minuit, les marcheurs ont reçu la visite du délégué spécial, le général de corps d’armée Pierre Rizogo Rousselot, venu s’enquérir de la situation et recueillir leurs préoccupations. Du fait des coupures électriques intempestives, les uns rouspétaient contre la perte de leurs appareils électroménagers et d’autres de la dégradation de leurs vivres.
Dans quasiment tous les foyers, l’on recourt de plus en plus aux bougies et aux lampes à pétrole. Et par rapport à l’eau, la rareté du précieux liquide contraint les habitants de l’île Mandji à ne plus prendre leur bain de façon régulière. Un désagrément d’autant plus étonnant que le Gabon est un pays connu pour son scandale hydrographique.