
L’annonce vient d’être faite par l’Onep, le puissant syndicat dudit secteur, en lien avec l’accident survenu le 20 mars dernier sur une plateforme de la compagnie Perenco.
L’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) va sortir de son silence. Hier, le puissant syndicat du secteur des hydrocarbures a annoncé l’organisation d’une « grande et imposante marche », le vendredi 29 mars 2024, de 7h30 à 9h30, de l’ensemble des travailleurs des sociétés pétrolières et activités connexes en poste à Port-Gentil.
Ce rassemblement sous-entend un arrêt de travail (de 2 heures) sur toutes les installations pétrolières du Gabon, y compris au niveau des sièges sociaux des compagnies exploitant notre bassin sédimentaire. Tout ceci en hommage aux personnes décédées sur une plateforme, précise l’Onep.
Rappelons que le 20 mars courant, un drame a été enregistré sur la plateforme Becuna du site offshore Tchatamba de la société Perenco, aux environs de 15 heures. Pour l’Organisation nationale des employés du pétrole, cet accident s’est produit lors d’une opération de workover sur le puits Simba-3.
Ladite opération de workover consistait à remonter les tubings (tuyaux) pour le remplacement de la pompe. Majeur, cet accident a causé la mort de six personnes dont cinq sur le coup et fait un blessé actuellement interné dans un centre médical de la capitale économique du Gabon.
Les six membres décédés de l’équipe de l’unité de workover P115 appartenaient justement à Perenco, souligne l’Onep. Si l’organisation ne donne pas les identités des victimes, elle précise néanmoins qu’il s’agit d’un superviseur workover (company man), expatrié français ; un driller de nationalité camerounaise employé par SPIE OGS avec un agrément et mis à disposition chez Perenco par SPIE OGS ; un assistant driller en contrat à durée déterminé à terme incertain (CDDTI) avec SPIE OGS et mis aussi à disposition chez Perenco par SPIE OGS ; trois sondeurs en contrats d’un mois, mis à disposition par les prestations CI et SNPS auprès de la société SPIE OGS puis mis à nouveau à disposition par SPIE OGS chez Perenco.
Que sait-on d’autre de cet accident ? Selon l’Onep, les « causes probables » sont liées à une perte de contrôle sur un puits éruptif avec défaillance des barrières principales, l’utilisation questionnable des blocs d’obturation (BOP- Blow Out Preventer). « A cela s’ajoute une lenteur de la sécurisation du puits, car l’unité P115 tournait avec un seul treuil au moment de l’accident. Or, de telles unités doivent fonctionner avec deux treuils pour installer la Kelly valve (vanne) en situation d’urgence », déplore l’Onep, par le truchement de sa secrétaire nationale chargée de la règlementation, des relations extérieures et de la communication, Guylaine Mboui Zolo Ba-Ndon.
Laquelle évoque également une mauvaise maîtrise de la procédure d’urgence, la présence à proximité de la tête de puits d’équipements thermiques (Power pack) ayant servi de source d’ignition et créer une explosion au contact d’un nuage de gaz, une hésitation des travailleurs en emplois précaires d’exercer leur droit de retrait face à l’imminence du danger mortel par crainte de ne pas voir leur contrat être renouvelé le mois d’après.
Sur ce dernier, ce n’est pas la première fois que l’Onep dénonce cette pratique courante au sein des compagnies pétrolières au Gabon. Une dénonciation restée toujours sans suite, les différents gouvernements du régime déchu ayant brillé par leur immobilisme face à cette question.