
L’actualité politique française reste fortement dominée ces derniers jours par la condamnation, à 5 ans d’inéligibilité, avec effet immédiat, de Marine Le Pen, dans l’affaire dite ‘’des assistants parlementaires’’. Une décision qui suscite des débats au sein de l’opinion française, d’un côté il y a les soutiens de Marine Le Pen qui dénoncent une décision politique, de l’autre il y a ceux qui saluent la fermeté de la justice, malgré le statut de la mise en cause. L’affaire a pris un nouveau tournant ces dernières heures, avec l’annonce d’une nouvelle enquête, qui cette fois-ci porte sur des menaces dont auraient été victimes des magistrats ayant condamné la chef de file de l’extrême droite, a-t-on appris de l’Agence France Presse (AFP).
Après avoir condamné Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, les réactions ne se sont pas faites attendre du côté de l’hexagone. Entre dénonciation d’atteinte à la démocratie et appels aux manifestations, certains vont plus loin et profèrent des menaces contre les magistrats du tribunal correctionnel de Paris, qui ont condamné Marine Le Pen. Des attaques qualifiées d’inadmissibles et qui ont aussitôt conduit à l’ouverture d’une enquête.
Cette enquête, visant « les propos répréhensibles proférés à l’encontre des magistrats qui ont rendu collégialement la décision », est dirigée par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) et confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a précisé la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans une déclaration transmise à la presse.
« La liberté de parole, y compris en ligne, a pour limite la mise en danger des personnes », a ajouté Laure Beccuau, rappelant les peines encourues en cas de : divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou de localiser une personne dépositaire de l’autorité publique, comme un magistrat, menaces de mort à leur encontre et cyberharcèlement.
Il faut noter que ce type de dénouement n’est pas nouveau lorsqu’il s’agit du Rassemblement National (RN). En effet, une autre enquête, toujours en cours, avait été ouverte en début d’année 2025, concernant des menaces de mort postées sur le site d’extrême droite Riposte Laïque visant des magistrats impliqués dans le procès contre le RN dans l’affaire des ‘’assistants parlementaires européens’’. Ces menaces concernaient la magistrate ayant présidé l’audience et les deux procureurs ayant requis des condamnations contre les prévenus, dont Marine Le Pen.
Enfin, il faut noter que la cheffe de file de l’extrême droite a été condamnée lundi à quatre ans d’emprisonnement dont deux fermes et aménagés sous bracelet électronique et à une amende de 100 000 euros, ainsi qu’à une inéligibilité immédiate, pour cinq ans, qui compromet sa candidature à la présidentielle de 2027. Une condamnation que certains pays étrangers ont dénoncée, notamment la Hongrie et la Russie, indiquant qu’il s’agit d’une atteinte à la démocratie.