Très ancré dans l’industrie sanitaire français grâce à son service de prise de rendez-vous médicaux en ligne, Doctolib enregistre un revers inattendu, avec une amende très lourde infligée par les instances de régulation du marché. Pourtant, l’entreprise avait récemment célébré sa rentabilité. Une joie de courte durée qui a été due à l’action de l’Autorité de la concurrence, qui a infligé à l’entreprise, une sanction à hauteur de 4,6 millions d’euros pour abus de position dominante sur le marché français.
Selon la décision rendue publique ce jeudi, cette amende fait suite à une plainte déposée il y a huit ans par le groupe Cegedim, concurrent direct de Doctolib dans le domaine des logiciels médicaux. L’Autorité reproche à la licorne française d’avoir adopté des pratiques anticoncurrentielles susceptibles d’entraver l’accès de ses rivaux à certaines données ou d’empêcher leur développement sur le marché.
Cette sanction intervient au moment même où Doctolib, longtemps en quête d’équilibre financier depuis sa création en 2013, annonçait ses premiers bénéfices. Ironie du sort : ces gains serviront en grande partie à régler l’amende, qui représente environ 10 % du chiffre d’affaires français de l’entreprise.
Dans un communiqué, Doctolib a indiqué avoir fait appel de la décision, estimant que « ses pratiques commerciales respectent les règles de la concurrence » et affirmant vouloir « continuer à innover au service des professionnels de santé et des patients ».
Cette affaire relance le débat sur la place dominante qu’occupe aujourd’hui Doctolib dans l’écosystème de la santé numérique en France. Forte de plus de 80 millions d’utilisateurs et de plus de 300 000 professionnels de santé partenaires, la plateforme s’est imposée comme un acteur incontournable du secteur. Une position que certains concurrents jugent désormais trop hégémonique.

