Habité par la volonté de voir les maux qui minent leur secteur d’activité depuis plusieurs décennies, être pris en compte par les autorités de tutelle, le mouvement d’humeur initié par les enseignants gabonais ne faiblit pas. Si d’aucuns envisageaient un retour aux affaires ce lundi janvier 2026, c’était sans compter sur la ténacité d’une partie du bloc de SOS éducation, visiblement la plus radicale, qui n’entend pas reprendre les activités sans des véritables avancées significatives dans les négociations engagées avec les autorités. La décision prise lors de l’Assemblée générale du mouvement, tenue le week-end écoulé, a été très suivie.
« Être militant, c’est faire quelque chose pour son organisation. Être militant, c’est faire en sorte que d’autres enseignants intègrent le mouvement. Lundi pas de cours, dans tous les établissements du Gabon c’est ça la décision», avait lancé Marcel Libama, figure bien connue du mouvement SOS Éducation. Comme un symbole, une forte mobilisation des syndiqués a été observée du côté de l’école publique Martine Oulabou, un personnage qui aujourd’hui représente l’essence même de la lutte syndicale dans le secteur éducation.
Il est à noter que dans la foulée de ce rassemblement aux allures de démonstration de force, des négociations ont été entamées le lendemain, dimanche 11 janvier, entre les représentants de SOS Éducation, les autres collectifs d’enseignants et l’administration.
Sous la coordination et les hautes instructions du Vice-président du Gouvernement, la Commission tripartite interministérielle regroupant, le Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Instruction Civique Camélia Ntoutoume Leclercq, le Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère Thierry Minko et le Ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités Laurence Mengue Me Nzoghe épse Ndong a annoncé des avancées notables, notamment l’octroi de 300 premiers postes budgétaires et la régularisation de 3000 situations administratives.
Une réunion ministérielle de la commission est d’ailleurs prévue demain mardi 13 janvier 2026, sous la présidence du Vice-président du Gouvernement. Des données qui n’ont pas manqué d’être réfutées par certains leaders syndicaux, dénonçant une manœuvre visant à jeter du discrédit sur les actions menées en vues de l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants.

