
À l’approche des prochaines échéances électorales, l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP) tire la sonnette d’alarme. hier jeudi 17 juillet 2025, elle a réuni les responsables de partis politiques afin de leur rappeler leurs obligations légales en matière de gestion des données personnelles des citoyens. Ceci dans le but d’éviter toute dérive dans la collecte et l’utilisation des informations sensibles, en particulier celles des militants et sympathisants.
Selon la loi n°025/2023, modifiant le cadre juridique de la protection des données, les partis sont désormais tenus de déclarer la conformité de leurs traitements à travers une procédure simplifiée. Cette obligation est encadrée par la norme n°003/2025, spécifique aux organisations politiques. Il s’agit notamment de veiller à la sécurisation des données comme les noms, prénoms, empreintes digitales ou numéros d’identification, fréquemment demandés lors des campagnes d’adhésion.
L’APDPVP insiste sur le fait que ces données ne doivent en aucun cas être exploitées à des fins non déclarées, ni partagées sans le consentement des personnes concernées. « Il ne s’agit pas pour les partis de s’immiscer dans la vie privée des citoyens. Ils doivent signer un engagement de conformité, qui est un acte administratif obligatoire », a précisé Steve Singault Ndinga, rapporteur de l’autorité. Des mécanismes de recours ont été mis en place, dont des lignes téléphoniques et la possibilité de saisir directement le procureur en cas de violation.
Les sanctions prévues en cas d’abus sont lourdes : jusqu’à cinq ans de prison et des amendes pouvant atteindre 60 millions de francs CFA. Cette rigueur vise à instaurer un climat de confiance entre les citoyens et les structures politiques, dans un contexte où la méfiance autour de la collecte de données personnelles reste forte. « Toute atteinte à la personnalité via une mauvaise gestion des données constitue une infraction punissable », a rappelé l’autorité.
Face à cette exigence, certains partis assurent déjà avoir pris les mesures nécessaires. C’est le cas de l’Union démocratique et républicaine (UDR) ou du parti Les Démocrates, qui affirment avoir mis en place des dispositifs de sécurité pour limiter l’accès aux informations sensibles. L’APDPVP, de son côté, se dit prête à accompagner les nouvelles formations dans cette transition vers une gestion plus responsable des données, condition sine qua non pour toute participation aux futures élections.