Depuis l’annonce par la Haute Autorité de la Communication (HAC), de la suspension d’internet sur l’ensemble du territoire national, et ce jusqu’à nouvel ordre, nombreuses sont les interrogations , et surtout, interprétations autour de cette décision. Si le régulateur national en matière d’usage des médias et différentes plateformes de diffusion d’informations s’inscrit dans une approche radicale, évoquant des raisons d’atteintes à la vie privée, de désinformation ou encore la sécurité nationale, l’on n’est quand-même tenté de se poser certaines questions. Pourquoi une telle mesure si les auteurs des griefs peuvent être identifiés ? comment priver le pays entier d’outils de communication, sans pour autant apporter des justificatifs qui soient accessibles à tous ?
Sans véritable réponse à ces questions, les hypothèses vont bon train. chacun y va de sa conclusion, sans vraiment apporter des éléments concrets. Mais il faut le dire, cette prolifération de versions s’explique clairement par le caractère inédit de la mesure. car, le pays n’avait jamais été mis dans pareille situation, si ce n’est en période électorale. Justement, dès l’annonce de la suspension des réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire national, le sentiment le plus dominant a été une rétrospection par rapport aux pratiques dites de «l’ancien régime».
Le pays a très souvent connu de telles décisions en période électorale, suscitant souvent des sorties virulentes, soit d’hommes politiques de la société civile, ou encore des citoyens lambdas. Si les raisons évoquées vont souvent dans le sens de celles présentées aujourd’hui, il faut noter que ces dernières n’ont jamais fait l’unanimité. D’aucuns dénoncent l’instrumentalisation d’instance étatique au bénéfice de certains, alors même que celles-ci devraient briller par des actions objectives, neutres et rigoureuses, dans le respect du cadre réglementaire et légal qui encadre leurs différentes missions.
Outre la volonté de préserver l’unité nationale et la cohésion sociale, il faut également s’assurer que chaque acteur de la société soit en phase avec cet objectif. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de mieux informer les populations sur les enjeux de l’heure, afin que celles-ci prennent conscience des actions à mener. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Elles sont les premières victimes de ces décisions, sans savoir pourquoi elles subissent cela. Il serait judicieux que les populations soient mieux informées, afin d’éviter la prolifération des fausses nouvelles, et préserver la cohésion sociale.

