Réunie en séance plénière,hier, 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais. Cette décision exceptionnelle est motivée par la multiplication de contenus jugés « diffamatoires, haineux et attentatoires à la sécurité nationale ».
Dans un communiqué officiel, l’organe de régulation explique avoir constaté la diffusion répétée de contenus inappropriés, injurieux et haineux sur les plateformes numériques accessibles au Gabon. Selon la HAC, ces publications portent atteinte à la dignité humaine, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale.
L’institution rappelle que ces dérives constituent une violation de la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication en République gabonaise, ainsi que des normes internationales en matière de communication numérique.
Parmi les manquements relevés figurent la diffusion de propos diffamatoires et injurieux, la propagation de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public et la divulgation non autorisée de données personnelles. La HAC estime que ces actes sont sévèrement réprimés par les textes en vigueur. Elle déplore également ce qu’elle considère comme une absence de véritable volonté de modération de la part de certaines grandes plateformes numériques face aux contenus illicites.
Tout en reconnaissant la liberté d’expression comme un droit fondamental, la HAC souligne qu’elle ne peut s’exercer en violation des lois nationales et internationales. Selon l’instance, les dérives observées pourraient engendrer des conflits sociaux et mettre en péril l’unité nationale. Réunie à son siège du 286 avenue de la Libération sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, l’institution a donc décidé la suspension des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision soulève de nombreuses interrogations, les réseaux sociaux étant devenus des outils essentiels d’information, de communication et d’activité économique. Médias en ligne, entreprises, créateurs de contenus et citoyens ordinaires pourraient être impactés.
Au-delà des enjeux sécuritaires, la question reste posée : comment concilier la lutte contre les dérives numériques et la préservation des libertés publiques ? En attendant des précisions sur la durée et les modalités d’application de la mesure, le pays entre dans une phase inédite de restriction numérique aux conséquences potentiellement importantes.

