La Guinée équatoriale tourne une page majeure de son histoire institutionnelle. Par décret présidentiel rendu public samedi, les autorités ont officialisé le transfert de la capitale politique du pays de Malabo vers Ciudad de la Paz, une ville nouvelle située dans la province continentale de Djibloho, au cœur de la forêt équatoriale, à l’est du pays.
Pensé depuis 2008 à l’initiative du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis près d’un demi-siècle, ce projet stratégique entre désormais dans sa phase opérationnelle. « Ciudad de la Paz (ville de la paix), dans la province de Djibloho, est déclarée capitale de la République de Guinée équatoriale », stipule clairement le décret.
Le texte précise que l’ensemble des institutions de l’État, services de la présidence, pouvoirs publics, organes constitutionnels, administrations gouvernementales ainsi que les entreprises publiques, disposent d’un délai d’un an pour engager toutes les mesures nécessaires à leur transfert et à leur installation effective dans la nouvelle capitale.
Selon les autorités, ce choix repose sur plusieurs considérations majeures. D’une part, la position géographique centrale de Ciudad de la Paz et ses vastes possibilités d’extension en font, aux yeux du gouvernement, un site « idéal » pour accueillir les fonctions politiques et administratives du pays. D’autre part, la décision vise à répondre aux défis posés par la forte croissance urbaine observée ces dernières années à Malabo, l’ancienne capitale insulaire située sur l’île de Bioko, ainsi qu’à Bata, la capitale économique du pays sur le continent.
Avec ce transfert, la Guinée équatoriale entend rééquilibrer son organisation territoriale et renforcer l’ancrage continental de son pouvoir politique. Ciudad de la Paz, conçue ex nihilo, symbolise ainsi l’ambition des autorités de doter le pays d’un centre administratif moderne, pensé pour accompagner son développement à long terme.

