Ouganda : les civils désormais justiciables devant des tribunaux militaires

Une onde de choc traverse l’Ouganda depuis l’adoption, il y a moins de 72 heures, d’un projet de loi controversé autorisant la comparution de civils devant des tribunaux militaires. Soutenu par le gouvernement, ce texte a été approuvé par les législateurs au grand dam d’une partie de la classe politique et de plusieurs acteurs de l’opposition, qui dénoncent une dérive autoritaire et une atteinte grave aux libertés civiles.

Ce projet de loi, introduit en début d’année, intervient en réaction à une décision de la Cour suprême statuant que les civils ne peuvent être jugés par une Cour martiale que dans des circonstances très spécifiques, notamment lorsqu’ils sont accusés d’avoir agi en soutien ou en association avec des personnes soumises à la loi militaire. Le nouveau texte élargit significativement ce cadre, donnant aux juridictions militaires la compétence de juger des civils pour divers chefs d’accusation encore non précisés publiquement.

Parmi les exigences notables de la loi figure l’obligation que les officiers, présidant ces tribunaux, soient désormais qualifiés en droit. Un détail qui n’a toutefois pas suffi à rassurer les défenseurs des droits humains, qui y voient une tentative déguisée de museler l’opposition à l’approche des élections générales prévues pour 2026.

Une démocratie en péril ?

Les voix critiques se multiplient. Plusieurs figures de l’opposition ont qualifié cette loi de « rétrograde » et d’« anti-démocratique », soulignant le risque de voir les tribunaux militaires être utilisés comme instruments d’intimidation contre les opposants politiques, les militants ou même les simples citoyens.

« C’est un recul dangereux pour notre démocratie », a déclaré un député de l’opposition qui a requis l’anonymat, avant d’ajouter que : << à l’approche des élections, cette loi pourrait être utilisée pour réprimer toute forme de dissidence ».

Du côté de la société civile, des organisations de défense des droits humains ont exprimé leur vive inquiétude, appelant la communauté internationale à se pencher sur cette situation jugée préoccupante.

En toile de fond, la population reste sous tension. Entre crainte d’arrestations arbitraires et incertitudes politiques, ce tournant législatif pourrait redessiner durablement le paysage judiciaire et démocratique ougandais.

Reste à savoir si cette loi résistera à une éventuelle nouvelle contestation devant la Cour suprême. Mais pour l’heure, c’est un climat d’inquiétude qui s’installe dans le pays.

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