RDC : Constant Mutamba bientôt poursuivi pour détournement de fonds publics ?

Le très célèbre ministre de la justice de la République Démocratique du Congo, Constant Mutamba, connu pour son engagement face au grand banditisme, mené notamment contre les jeunes délinquants (Kulunas), est depuis plusieurs semaines dans le collimateur de l’entité dont il a la charge. En effet, Constant Mutamba pourrait être visé par une enquête judiciaire, en raison des suspicions présumées de détournement de fonds publics dont il serait victime. Hier, mercredi 21 mai 2025, l’Assemblée nationale du pays a été saisie par la Cour de Cassation pour demander la levée de son humilité, condition sinequanone avant d’engager des procédures judiciaires à son encontre.

Au cœur de cette affaire de détournement présumé de deniers publics, le projet de construction d’une prison dans la région de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Le projet d’envergure est censé accueillir 3 000 détenus et s’élève à une hauteur de 39 millions de dollars. Cependant, 19 millions de dollars auraient déjà été versés à une société, sans respecter les dispositions juridiques qui encadrent la passation des marchés publics.

En outre, il en ressort que le marché de gré à gré aurait été conclu sans l’aval de la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, ni de tous les organes de contrôle. Ainsi, le Procureur évoque une entorse à la procédure d’attribution de marchés publics. Et dans cette affaire, la justice congolaise évoque plusieurs zones d’ombres. Parmi ces derniers, l’origine des fonds débloqués. De fait, ceux-ci ne venaient pas du Trésor public, mais du Frivao, un établissement chargé de gérer les 325 millions de dollars dus par l’Ouganda à la RDC au titre des réparations de guerre, un fonds sous tutelle du ministre de la Justice.

Si l’affaire semble être des plus rocambolesque, celle-ci ouvre encore plus la voie à des interrogations. Constant Mutamba est-il désormais en train de payer pour son engagement en faveur de l’injustice ? Une question qui vaut son pesant d’or. Pour rappel, en novembre 2024, il avait ordonné une enquête sur l’achat d’un immeuble à Bruxelles par le Procureur général. L’affaire avait fait du bruit, avant qu’on apprenne que l’achat était à crédit. Est-ce une riposte du Procureur, six mois plus tard ?

De son côté, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) invite à la prudence. Celle-ci a indiqué que : « si le ministre a détourné ou tenté de détourner des fonds, il doit être poursuivi. Mais, si ce sont des allégations montées contre lui par des politiciens ou des opérateurs judiciaires, nous devons lui apporter notre soutien », a fait savoir l’organisation.

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