
La situation sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo demeure inquiétante, notamment pour les civils en proie à plusieurs exactions et autres traitements inhumains. Si ces derniers ne sont pas tués ou violés, il leur est souvent intimé l’ordre de quitter les territoires qu’ils occupent depuis des décennies, au profit des groupes armés qui dictent leur loi dans la région. C’est dans ce contexte que depuis samedi dernier, le M23, groupe armé qui s’est emparé de Goma, capitale de l’est de la RDC, a procédé à l’expulsion de plus de 300 civils présentés comme des ressortissants rwandais en situation illégale.
Il y a quelques heures, ce lundi 19 mai 2025, le M23 a montré à la presse, comme le soulignent nos confrères de Jeunes Afrique, 181 hommes de tous âges présentés comme des « sujets rwandais en situation illégale » par son porte-parole militaire, Willy Ngoma, sur la pelouse du stade de l’Unité, le principal stade de Goma, dans la province du Nord-Kivu.
Seulement, ces présumés ressortissants rwandais étaient en possession de documents d’identité congolais, justifiant ainsi de leur appartenance au territoire. Mais côté M23, le groupe assure que ces documents seraient des faux, et a aussitôt procédé à leur destruction en les brûlant sur la pelouse. Dans la foulée, quelques centaines de femmes et enfants, les familles des individus interpellés, tous ont ensuite rallié le stade à bord de camions, affrétés par le M23.
En outre, ce sont plusieurs engins militaires qui se sont mis en route vers la frontière rwandaise samedi matin, suivis par des bus avec à leur bord « 360 personnes », comme l’ont révélé les mêmes sources. Des affirmations soutenues par Eujin Byun, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le HCR souligne que « les retours de réfugiés vers leur pays d’origine doivent être sécurisés, volontaires et effectués dans la dignité, conformément au droit international et au principe de non-refoulement », a-t-elle ajouté.
Côté rwandais, les autorités déclarent mettre tout en œuvre pour favoriser l’intégration des personnes expulsées. À l’instar du maire du district de Rubavu, région qui accueille ses populations déplacées : « Nous allons faire tout pour les réintégrer dans la société, pour qu’ils aient les mêmes responsabilités, les mêmes droits que les autres Rwandais », a déclaré à la presse Prosper Mulindwa.
Il est à noter que l’est de la République Démocratique du Congo connaît une guerre sans merci entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), et plusieurs groupes armés, dont le plus connu reste le M23. Des affrontements violents au milieu desquels se trouvent les populations désemparées. Depuis quelques mois, l’administration Trump entend jouer un rôle dans la sortie de crise, notamment en menant la méditation entre Kinshasa et Kigali, accusé de soutenir le M23. Les deux pays ont récemment montré leur volonté à s’engager en faveur de la résolution du conflit, par le respect de la souveraineté de chacun.