Le 25e classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontières (RSF) est sans équivoque. Le Gabon perd deux places, passant de la 41e à la 43e position sur 180 pays, avec un score en légère baisse (70,53 contre 70,65).
Ce recul intervient dans un contexte où certains signaux laissaient entrevoir plus d’ouverture pour les professionnels des médias, avec le coup d’État du 30 août 2023. Cela avait notamment conduit à la levée de certaines restrictions, favorisant ainsi un climat de confiance, bien que précaire, avec les nouvelles autorités du pays. Tout semble être à refaire, au regard de nouveaux changements observés de part et d’autre, avec des situations qui indiquent clairement qu’une presse pleinement libre et indépendante reste encore à construire.
Aussi, un autre point important qui traduit bien ces manquements, c’est la forte domination du paysage médiatique par les médias publics, souvent critiqués pour leur manque de neutralité. Ainsi , l’accès à l’information officielle reste limité, alors même que celle-ci devrait être accessible à tous. Autre aspect, il est pointé du doigt le manque d’indépendance de l’organe de régulation, la Haute Autorité de la Communication (HAC), accusée de servir les intérêts gouvernementaux.
Entre cadre légal encore flou, pressions persistantes et fragilité économique des médias, les défis restent nombreux. Ce recul illustre ainsi les limites des progrès enregistrés ces dernières années. À travers ce classement mondial de la liberté de la presse, le Gabon se positionne entre deux bords. D’une part, il y a la volonté d’impulser une dynamique en termes d’évolution de la liberté des médias, et d’autre part, il y a encore les ingérences externes qui gravitent autour de la profession. Cela limite le champ d’action des journalistes, souvent amenés à répondre à des convocations judiciaires déguisées en acte d’intimidation.

