Le Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, s’interroge sur la faiblesse du recouvrement des débets et amendes prononcés par la juridiction financière. Invité de Gabon 1ère, il a demandé au Trésor public d’appliquer aux débiteurs de l’État « la même rigueur » que celle déployée pour récupérer les impôts.
Une exigence qui prend une dimension particulière alors que près de 1 700 milliards de FCFA de débets et amendes ont été prononcés sur plusieurs décennies.
« La même rigueur » réclamée au Trésor
« Je souhaite, je demande que le Trésor public ait la même rigueur vis-à-vis des autres débiteurs de l’État », a déclaré Alex Euv Moutsiangou sur la chaîne publique. Le magistrat financier rappelle que la mission de la Cour consiste à juger les comptes et à rendre des décisions juridictionnelles. Une fois le débet ou l’amende prononcé, le recouvrement relève, selon ses explications, du Trésor public.
Or, c’est précisément à ce niveau que le Premier président identifie une faiblesse. « Il se trouve que malheureusement le Trésor, qui est chargé du recouvrement, ne l’a pas fait » avec toute la diligence attendue, a-t-il expliqué. Selon lui, les décisions concernées constituent des titres exécutoires et les personnes mises en cause doivent donc s’acquitter des sommes mises à leur charge au bénéfice de l’État.
La sortie du Premier président prend une résonance particulière dans le contexte économique gabonais. Entreprises et particuliers sont régulièrement appelés à respecter leurs obligations fiscales et sociales, avec des mécanismes de recouvrement susceptibles de devenir contraignants en cas d’impayés. Alex Euv Moutsiangou estime que cette capacité coercitive doit également s’exercer lorsque l’État cherche à récupérer des sommes résultant de décisions de la Cour des comptes.

