Le département d’État américain a annoncé une profonde réorganisation du traitement des visas en Afrique. À partir du 1er août 2026, les services consulaires ordinaires seront désormais concentrés dans seulement vingt centres régionaux à travers le continent, modifiant considérablement les conditions d’accès aux États-Unis pour des millions de demandeurs africains.
Cette mesure entraîne la suppression du traitement courant des visas dans 25 pays africains. Des villes comme Bamako, Ouagadougou, Niamey, Cotonou, Conakry, Nouakchott, Brazzaville et Libreville ne traiteront plus les demandes classiques de visas. Les personnes concernées devront se rendre dans des centres régionaux situés dans des pays voisins pour effectuer leurs démarches.
Les nouveaux pôles consulaires retenus sont notamment Abidjan, Accra, Addis-Abeba, Dakar, Kigali, Kinshasa, Lagos, Lomé, Nairobi, Yaoundé et Johannesburg. Les ambassades des pays concernés continueront toutefois d’assurer les services destinés aux citoyens américains, les urgences consulaires ainsi que la délivrance des visas diplomatiques. Les visas déjà accordés demeurent valides et les demandeurs disposant d’un rendez-vous recevront des instructions par courrier électronique.
L’Afrique de l’Ouest francophone figure parmi les régions les plus affectées par cette réforme. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin, la Guinée et la Mauritanie devront désormais s’appuyer principalement sur la Côte d’Ivoire et le Togo pour le traitement des visas. Cette situation entraînera des coûts supplémentaires liés au transport, à l’hébergement et aux délais administratifs, dans un contexte où plusieurs pays du Sahel font déjà face à des défis sécuritaires importants.
Cette centralisation s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire américaine. Outre la réduction des centres de traitement, Washington envisage des garanties financières pouvant atteindre 15 000 dollars pour certains ressortissants et maintient des restrictions ciblées envers plusieurs nationalités africaines. Une évolution qui pourrait avoir des répercussions sur les échanges économiques, universitaires et les programmes de mobilité entre l’Afrique et les États-Unis.

